Bonjour à tous,
De retour sur Vox après des fêtes de Noël en famille. Avant d'entamer l'année 2007, je voudrais faire porter mon regard sur le collectif "Trop d'artistes". Ah bon !!!
La manifestation est internationale et Marseille y participe.
L'idée défendue : trop d'artistes et pas assez de subventions ni de lieux culturels. Vu sous cet angle, on ne peut qu'être d'accord. Mais que penser en parcourant un certain nombre de blogs, quand on voit que ce phénomène attaque les bloggueurs alors que ceux-ci servent aussi à faire connaître des artistes, à parler d'art et tout ceci ...gratuitement.
Il conviendrait peut-être que de nombreux artistes intègrent - certains l'ont déjà fait mais pas tous - la dimension web à l'un des aspects de leur création (pourquoi pas la pub a minima et l'utilisation de licenses CC comme sur Jamendo).
Bien sûr cela pose le traditionnel problème de la définition de ce qu'est un "artiste" : celui qui se définit comme tel (et là, le web, via notamment les sites vidéos, peut proposer tout et n'importe quoi) ou celui qui est reconnu comme tel par le public, la critique (via le web notamment) ?
Une réflexion que je reprendrai car je pense qu'il ne faut pas négliger la dimension du web'art et que celui-ci a un rôle positif à jouer dans la création contemporaine "live". Selon moi l'un n'exclut pas l'autre, bien au contraire, et comme dans tout domaine, le temps a son oeuvre à jouer !
Ci-dessous le programme de la manifestation - colloque du 30 septembre à Marseille :
" Y a trop d'artistes !"
"Les Rencontres Place Publique, dont la vocation est de révéler
le travail de réflexion d'intellectuels et d'artistes sur la situation de l'art
aujourd'hui, ont suivi avec intérêt l'action menée par le collectif d'artistes
bruxellois "Manifestement" qui défilait le 22 janvier dernier dans le quartier
Saint-Gilles à Bruxelles avec pour mot d'ordre « Y a trop d’artistes !
».
Les Rencontres Place Publique souhaite amplifier et développer cette action dans le cadre d'une rencontre qui réunira Françoise Benhamou (économiste, conseillère auprès du ministre de la culture en 1989 et 1990), Stephen Wright (critique d'art), Laurent d'Ursel (artiste), Nathalie Heinich (sociologue) et Patrice Maniglier (philosophe). Cette rencontre sera précédée d'un défilé dans les rues de Marseille qui reprendra le mot d'ordre "Y a trop d'artistes".
Nous souhaitons que cette manifestation se présente comme un forum de réflexion ouvert à plusieurs champs de la pensée et souhaitons également recueillir les réactions des professionnels et du public.
Présentations des interventions
Françoise Benhamou, économiste
Trop
d’écrivains, trop de comédiens, trop d’artistes ?
Pour une économiste, le «
trop » n’est pas affaire de nombre, mais bien plutôt de diffusion et de
distribution. Derrière le « trop », se dessine la stratégie de prolifération des
biens, menée par les producteurs de biens culturels qui doivent affronter une
incertitude radicale. Ces producteurs, sous couvert de diversité, menacent la
variété et la qualité par leur propension à produire de la surabondance : les
créations, les biens ou les services, une fois produits, édités, mis en scène,
sont de plus en plus mal distribués et diffusés, et l’information manque au «
consommateur » ou à l’amateur, le plus souvent désorientés.
Cette situation
pèse sur les conditions d’existence et de travail des artistes, sommés de créer
dans un univers qui semble ouvert, mais devenu en réalité de plus en plus
concurrentiel.
Françoise Benhamou
Patrice Maniglier, philosophe
« « Il y a trop d’artistes ». Il s’agit d’une protestation
bien sûr, dont l’ombre prend la forme d’une prescription : « Ne pourriez-vous
faire autre chose ? ». Il y a assurément bien des manières, plus ou moins
polies, plus ou moins cordiales, de le dire. Mais on peut supposer entre ces
manières au moins un grand partage. Dans les unes, on suggère plus ou moins
implicitement aux artistes de devenir coiffeur, designer, chef de bureau,
programmeur, bref de se trouver un honnête métier. Dans les autres, au
contraire, on ne préjuge pas de l’existence et du bien-fondé des autres cases,
et, si on demande aux artistes de faire autre chose, ce n’est pas parce qu’on
veut qu’ils se redirigent vers d’autres « métiers », d’autres statuts déjà
donnés. On fait part seulement d’une lassitude, d’une usure, d’un débordement,
d’un vertige, d’une nausée, d’une noyade devant la prolifération numérique des
serviteurs de l’Art. On n’a rien contre l’Art pour des raisons pensées, des
motifs argumentés, une grille historique bien articulée, un Grand Récit ou même
un petit : juste on en a un peu marre, on trouve que ça dure un peu trop, c’est
comme un film qu’on a compris ou une blague trop insistante : « ça va, on a
compris », a-t-on envie de dire… On aimerait finalement que les artistes cessent
de faire les artistes, qu’ils inventent autre chose. On trouve une sorte de
répétition accablante dans leur personnage et dans leur posture. Bref notre «
trop d’artistes » est esthétique… Et il vrai que ces affaires de nombre, de trop
ou de pas assez, sont aussi des affaires de goût... Mais il est vrai qu’une
telle position ne peut pas l’être trop (esthétique) au risque de devenir
esthétisante. Dès lors, il apparaît que la vraie question est de savoir si on
peut croiser ces deux interrogations et poser le problème suivant : la réflexion
sur les conditions sociales et économiques de l’art – qui, par vocation,
traitent leur objet, quel qu’il soit, en masse – peut-elle être une source de
créativité nouvelle, l’invention d’un statut, d’un éthos, d’un personnage, qui
ne serait plus l’artiste ? L’artiste peut-il trouver dans l’expérience de son
être un de plus, ou dans l’écho du encore un ! qui l’accueille, une source de
renouvellement qui passerait par une réinvention véritable de soi ?
Telles
sont les questions qu’on aimerait aborder ici ».
Patrice Maniglier
Nathalie Heinich, sociologue
»Beaucoup d'artistes sont
aujourd'hui au RMI, ou ne survivent que grâce à diverses aides sociales et
subventions. Faut-il voir dans cette paupérisation l'effet d'une dégradation du
statut? Sans doute pas, si l'on remarque que les effectifs de la Maison des
Artistes ont quasiment triplé en une génération, en raison d'un prestige accru
de ce statut ainsi que d'une tendance à la professionnalisation de l'activité -
phénomène déjà amorcé au XIX° siècle.
Alors:Y a-t-il trop d’artistes ?
Quelques éléments de recadrage sociologiques devraient aider à clarifier le
débat ».
Nathalie Heinich
Stephen Wright, critique d’art
"Pourquoi y a-t-il toujours trop d'artistes ? Cette surabondance
s'explique avant tout par le phénomène d'incertitude qui accompagne
nécessairement l'activité créative : les critères de réussite artistique ne
pouvant se définir a priori, le capitalisme créatif laisse proliférer une
réserve de créativité artistique disponible -- un bassin des travailleurs de
l'immatériel, dont la productivité est captée stratégiquement à des fins
d'accumulation. Ce "trop d'artistes" se définit donc par rapport aux moyens
financiers disponibles : ce qui manque n'est pas le volume d'activité
expérimentale mais le volume financier effectif. Puisqu'on ne peut jamais
savoir, ni réellement prévoir, les véritables sources de l'inventivité, les
artistes - ces professionnels de la transformation de l'implicite en explicite
(puisque c'est dans cet intervalle qu'a lieu l'activité artistique) - sont en
permanence maintenus, à leur insu sinon à leur corps défendant, en surnombre.
S'il y a "trop d'artistes" pour les raisons évoquées, il y a bien plus qu'on ne
croit -- des légions d'artistes visuels mais invisibles, leur coefficient de
visibilité artistique étant trop affaibli pour qu'ils apparaissent sur les
écrans de radar du monde de l'art institutionnel. Ces artistes "espions", dont
le nombre ne cesse de croître, sacrifient leur index dans l'économie
réputionnelle à une plus grande capacité à nuire à l'ordre sémiotique. C'est le
revers de la medaille de cette réserve de compétences artistiques, maintenue en
état de disponibilité par le capitalisme créatif.
Donc il y a le "trop
d'artistes" visibles, et le "trop d'artistes" invisibles.
Stephen
Wright
Laurent d’Ursel, artiste
« Y a trop d’artistes ! »
est un constat partagé par beaucoup, à l’intérieur comme à l’extérieur du milieu
artistique, et il n’est pas étranger à la nature de l’art tel qu’il se pratique
aujourd’hui, tant politiquement que socialement, notamment du fait de
l’interventionnisme étatique galopant.
Mais ce constat est le plus souvent
proféré sous le manteau, l’effet de l’alcool ou le couvert de l’anonymat. En
effet, résolument controversé, il ne peut, par la force des choses énoncées,
faire l’unanimité. Il a en revanche le mérite d’ouvrir un débat, où la forme
(une manifestation d’artistes) importe autant que le fond (l’exclamation : « Y a
trop d’artistes ! »).
Pour ne prêter le flanc à aucune récupération, surtout
« bien intentionnée », pour ne donner lieu qu’à des malentendus passionnants,
des contradictions insurmontables, des paradoxes prometteurs, une
incompréhension poétique, bref, pour n’être suspecte de rien d’autre
qu’elle-même, la profération du constat se devait d’émaner officiellement
d’artistes déclarés ou prétendus tels. Mais « tout le monde est artiste » de nos
jours…
Laurent d’Ursel
Les Rencontres Place
Publique
Direction Jacques Serrano
Source : Pourinfos.org
Et vous que pensez-vous de tout ceci ?
Le clin d'oeil de l'agence Magnum
Une autre manière de voir Marseille à travers ses tags et détournement des objets du quotidien (personnellement j'adore les feux transformés en smileys et je m'arrête forcément ...pour les regarder quand ils sont rouges). En revanche la photo géante de Zidane n'existe plus.
A ma plus grande joie, elle s'est envolée lors de la tempête de mars dernier. Ouf : là j'étais obligée de la voir presque tous les jours puisqu'elle était à côté de chez moi (je l'avais bien dit que je n'aimais pas le foot ... et encore moins en photo :) )
Diaporama de Laerpa à voir sur : public.fotki.com
(Photo personnelle de la tempête de mars dernier : en arrrière plan Le château d'Yf et les îles du Frioul - Vents à 130 km )
S'intéresser à Marseille ne veut pas dire faire preuve d'un ethnocentrisme exarbé et peu approprié dans le www. C'est pourquoi de temps à autre, je vous présenterai des blogs (marseillais ou non), qui ont comme mérite de nous faire réfléchir sur notre pratique d'internautes, de cyberécrivains (ou écrivants).
Ajourd'hui, nous pouvons nous sentir fier de notre action (et pour ma part, je me sens bien dans le monde woxien) en lisant le dernier billet du Basile sur : Le blog qui regarde la France autrement (blog généralement orienté vers le monde politique).
Basile nous entraîne vers les Etats - Unis pour analyser l'élection de la personne de l'année par le magazine Time : et ô surprise, c'est nous tous, humbles et anonymes internautes (pour la majorité bien sûr) :
"C'est chaque année le numéro le plus attendu et le plus vendu du magazine américain Time, celui dans lequel il désigne LA personnalité de l'année, un homme, une femme ou un groupe de personnes qui ont eu la plus grande influence, en bien ou en mal, sur la marche du monde pendant les douze mois écoulés.
(...]
L'hebdomadaire américain avoue avoir été frappé par le poids grandissant de ces millions d'anonymes qui "ont pris les rênes des moyens d'expression mondiaux, jeté les bases et configuré la nouvelle démocratie digitale", ceux et celles qui pianotent sur leur clavier pour "rien" et battent les professionnels de l'information sur leur propre terrain.
"You", ce sont les légions d'inconnus qui alimentent tous les jours des sites comme Wikipedia ou YouTube et font que leurs courtes ou longues contributions changent nos rapports à la connaissance et nos jugements sur l'actualité."
Vive la blogosphère et Vox
Marseille est une ville qui hésite : hésite à conserver son patrimoine historique malgré l'annonce de la construction de grands musées, hésite à entrer dans le futur par peur de changer ses habitudes. Donc en ce moment Marseille fait du sur place (en attendant l'arrivée du tramway et en patientant dans les bouchons).
Mais Marseille a de grands projets (aimés ou détestés des Marseillais : rares sont les nuances) notamment du côté de l'entrée nord de Marseille avec le projet Euromed (Euroméditerranée).
Objectif : réhabiliter les friches industrielles, attirer de nouvelles sociétés dans le tertiaire, de nouveaux cadres. Tout ceci est déjà bien engagé ... mais pas forcément au rythme prévu !
Néanmoins c'est un autre Marseille qui se dessine, un Marseille du XXIème siècle .... qui n'enlèvera pas à la ville le charme immémorial qui est le sien (mais posera des problèmes sociaux certains).
Marseille demain, c'est ici (Video You tube)
Pour compléter mon précédent billet et avant de m'intéresser au Marseille contemporain, je souhaite vous présenter un site consacré aux cartes postales anciennes de Marseille.
Marseille Carte postale, site créé pour les 2600 ans de Marseille présente en effet les premières photographies de Georges Filippi prises entre 1900 et 1920. Superbe ! et avec quelques vues inattendues !
Un travail photographique qui appartient maintenant à l'histoire collective et un travail remarquable d'archivistes réalisé par les concepteurs du site.
Internet est donc bien un lieu de mémoire n'en déplaise à ceux qui se complaisent à dénoncer la fugacité du web !
Et un très beau diaporama (photographies en noir et blanc) d'un Marseille d'antan (mais qui n'appartenait pas forcément un âge d'or non plus)
Diaporama : http://www.dailymotion.com/video/xnuy4_marseille
Paris et Marseille sont souvent présentées comme deux villes rivales (ce qui n'est pas tout à fait inexact) mais l'on oublie que toutes deux ont toujours su se battre pour défendre leur liberté. Marseille s'est battue contre la peste, les envahisseurs divers, Paris a vécu l'un des événements les plus marquants du XIXème siècle : la Commune.
Alors pourquoi ne pas profiter des vacances de Noël (Paris et Marseille ne sont maintenant plus qu'à 3 heures de TGV) pour vister l'exposition consacrée à cet événement historique.
"La Bibliothèque historique de la Ville de Paris propose du 9 novembre au 4 février 2007 dans le cadre du Mois de la Photo à Paris, la découverte de photographies inédites sur la Commune, depuis le Siège de Paris jusqu’au début de l’été 1871. Ces photographies sont issues d’un fonds exceptionnel de quelques 500 plaques de verre, composant le reportage inédit d’un photographe méconnu."
(Source : Bibliothèques.Paris.fr)
La galerie Galerie CAMàYEUX ( " les Tilleuls " bat 20, 55 avenue de Valdonne 13013 Marseille) présente une exposition intéressante destinée à sensibiliser le jeune public à l'univers photoraphique :
"Les contraires de Noël Bourcier" :
" Sa structure en diptyques s'appuie sur la vision simultanée de deux types d’images formellement hétérogènes :
- les images numériques, retouchées et en couleurs, de Noël Bourcier
- les photos traditionnelles raffinées de grands maîtres de la photographie comme Jacques-Henri Lartigue (1894-1986) et André Kertész (1894-1985), les plus représentés, mais aussi d’autres photographes de renom comme Léon Gimpel (1878-1948), Emmanuel Sougez (1889-1972), Denise Colomb (1902-2004), François Kollar (1904-1979), Sam Lévin (1904-1992), Roger Parry (1905-1977), René-Jacques (1908-2003), Raymond Voinquel (1912-1994) et Ralph Gibson (né en 1939).
Des clichés noir et blanc de grands maîtres de la photographie sont associés à des images modernes et colorées réalisées par Noël Bourcier, qui ose des rapprochements formels inattendus et offre des contrepoints pertinents, drôles et souvent malicieux. "
Source : Actu Photo
Une belle manière d'entrer dans un nouvel univers en cette période ô combien mercantile des fêtes de Noël !

